« Le temps est venu de bâtir ce système de retraite plus juste, plus solidaire, plus égalitaire. »

Aujourd’hui, les Français expriment leur inquiétude devant la future réforme des retraites. Ils ont également compris que trop d’incertitudes pèsent sur le système actuel, qu’il est injuste et qu’il est nécessaire de le réformer puisque 76 %* d’entre-eux se disent favorables à une réforme du système (sondage IFOP-JDD).

Il existe en France 42 régimes de retraites, avec des traitements différents, des âges de départ différents, des montants de pensions différents.

Quand la France a bâti son régime de solidarité entre générations au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, il y avait 4 actifs pour un retraité. Les parcours professionnels étaient linéaires.

Aujourd’hui, seul 1,7 actif cotise pour un retraité et on arrivera d’ici 2050 à 1,3. En raison de cette évolution démographique défavorable, les équilibres financiers ne sont plus assurés. Certains régimes restent bénéficiaires quand d’autres sont en grave difficultés financières et compensés par l’impôt.

76 % des Français se disent favorables à une réforme du système de retraite (sondage Ifop – JDD, 1er décembre 2019). Ils ont raison.

Dans le système actuel, les carrières hachées, les femmes, les précaires et les bas revenus sont pénalisés. De plus, comment accepter qu’à carrière et rémunération identique, les droits, l’âge de départ à la retraite ou les niveaux des pensions de réversion destinées au conjoint survivant ne soient pas identiques ?

L’objectif de la réforme est justement de maintenir notre système de retraite par répartition, mais de passer d’un système de solidarité par corporation à un système de solidarité universel, entre tous les Français où chaque euro cotisé vaudra le même euro de pension pour tous.

Malheureusement, beaucoup de fausses informations destinées à accroître les inquiétudes sont relayées massivement par ceux qui souhaiteraient le statu quo ou voudraient tirer un avantage politique de ces inquiétudes.

Appeler à manifester, à bloquer le pays sans la moindre proposition, sinon demander à ce que rien ne bouge, instrumentaliser autant les peurs, c’est non seulement refuser l’équité, c’est aussi remettre en cause l’idée même de la retraite pour nos enfants ou nos petits-enfants.

Des simulateurs en ligne par exemple, basés sur les pires hypothèses, annoncent des pensions de retraite en baisse de 500, 700 voire 900 euros par mois ! Tout cela n’est ni sérieux, ni responsable.

Personne n’imagine, parmi les membres de la majorité présidentielle, organiser la paupérisation des retraités comme certains voudraient le faire croire.

Après des centaines d’heures de discussions avec les syndicats de salariés et les syndicats patronaux, le haut-commissaire aux retraites livrera la semaine prochaine au Premier Ministre des conclusions, avant les derniers arbitrages.

Quelques principes généraux ont déjà fait l’objet d’une communication :
– l’indexation des points sur le niveau des salaires de façon à ce que la valeur du point garantisse le niveau des pensions et le pouvoir d’achat des retraités ;
– le minimum retraite porté à 1000 € pour une carrière complète ;
– la pension majorée dès le 1er enfant ;
– les cotisations maintenues en cas de chômage, maternité ou maladie ;
– des pensions de réversion plus justes pour le conjoint survivant ;
– le principe d’une transition entre l’actuel et le nouveau système de retraite ;
– l’extension à la fonction publique de la reconnaissance de métiers pénibles ;
– le calcul des pensions sur l’ensemble des rémunérations primes comprises ;
– une revalorisation salariale des fonctionnaires (dont les enseignants) ne touchant pas ou peu de primes, garantissant le même niveau de retraite que des corps équivalents de la fonction publique.

Certainement, devrons-nous travailler un peu plus longtemps pour compenser la baisse démographique et l’augmentation de l’espérance de vie et en même temps repenser la fin de carrière professionnelle.

Le temps est venu de bâtir ce système plus juste, plus solidaire, plus égalitaire.
C’est que nous appelons un nouveau contrat social entre les Français.

Laurent CROIZIER
Président du MoDem du Doubs
Conseiller municipal de Besançon
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1 Commentaire

  1. PHAM Janine

    Il est évident que bénéficier de la retraite risque de survenir plus tard. Néanmoins, je pense que si les conditions de travail étaient plus satisfaisantes les citoyens n’aspireraient pas autant à cesser de travailler pour prendre sa retraite. D’autre part, ne serait-il pas possible pour les dernières années de travail que le métier change, d’une part le nombre d’heures effectuées peut diminuer sans perte de salaire ce qui évitera des congés maladie nombreux , d’autre part par une évolution au sein de sa profession : l’employé pourrait avoir partiellement un rôle de conseil auprès des personnes plus jeunes et ce, à tous les niveaux et dans la plupart des professions. La société, je le crois, va devoir changer tant par le mode de consommation que par la manière de travailler moins axée sur le profit. Ces évolutions auraient déjà depuis longtemps être prévues afin d’anticiper les problèmes de chômage dans certains secteurs. Et bien sûr réindustrialiser la France et privilégier les produits véritablement fabriqués en France sont des évidences sur lesquelles Monsieur Bayrou avait insisté lorsqu’il était candidat à la présidence. Je me permets également une remarque : l’encouragement à la natalité me semble une mauvaise solution à une période où la planète souffre de pollution. Un problème difficile également est que nous sommes au cœur de l’Europe elle même au cœur du monde et que des ajustements perpétuels sont à aménager.
    Bien cordialement.